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Dans Les Derniers Episodes

Efc

2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 00:01

J'attends. Je suis assise et j'attends. Ma vie se résume à ça, à peu de choses en fait. Posée sur cette dune, rien ne m'atteint ni ne me touche, j'ignore si c'est de ma faute. Chaque évènement passe au dessus de la dune et épouse sa forme gracieuse. Tout disparaît, sans bruit, à jamais. Qui de moi ou de la dune s'éteindra la première ? Si ce qui me soutient s'efface, je sombre. Mais si je m'efface, mon soutien tombe dans l'ombre. Alors que choisir ? Ma mort ou celle d'une dune. 

Je ne sais pas si il faut que je bouge ne serait-ce que d'un cil. Qu'adviendrai-t-il si je changeais du tout au tout ? Je ne serai plus moi-même assurément. Je serais le moi-même d'une autre, et en fin de compte je ne me serai pas totalement perdue. 

Me perdre, c'est là l'ivresse. Me perdre au milieu de mon coeur, par l'amour. Je me suis rappelée que l'on pouvait aimer. Il n'y a rien de plus cruel. C'est comme d'arracher les ailes d'un oiseau, on est pris au dépourvu, on appartient tout entier au chasseur. Que faire ? Courir et mourir d'un autre prédateur, ou se laisser dévorer par le fruit de nos ardeurs ?

L'oiseau est bête, stupide animal, volatile. J'ai rencontré, lorsque j'étais enfant, un perroquet. Disons plutôt un genre de perruche. J'étais contente de le voir à chaque fois que j'allais chez mes grands-parents. Je me retrouvais seule un instant devant cette cage, et d'un coup sec je lui dégageait une plume de sa queue. D'un coup sec. 

Mes grands-parents sont pour la plupart morts. Et c'est la roue qui tourne. De ces derniers, on passe aux parents, et arrive le temps où l'on se trouve devant la maison de la Morbide amie, à son seuil. Cela donne envie de pleurer. On se prend à penser que la vie a été beaucoup trop négligée. Non pas que l'on voudrait la modifier. On espère cependant un jour de plus avant de frapper à cette porte. Un jour de plus pour retarder la mélancolie des mauvais soirs, un jour de plus. Un jour de plus pour voir son visage, un jour de plus pour penser à soi, un jour de plus pour crier, dans sa chambre, seul, que l'on a besoin de personne. Mais les jours ne changent pas. Ni le temps, ni les êtres. Et chacun dans son passé et son présent puise les matières premières d'un avenir incertain.

La magie du rire d'une autre époque nous transforme en portrait caché de nos parents. Leur a-t-on jamais dit qu'on les aimait ? Et si tout s'arrête, si tout se fend, d'un coup, qu'adviendra-t-il de moi, misérable enfant sans parapluie ? 

Si chaque heure nous échappe, j'enfuirai mes souvenirs en moi comme on enterre ses secrets. La boîte à musique s'ouvre sur la danseuse étoile, jambe tendue, prête à sauter. Je me suis enfuie, sans demander à ce qu'on me comprenne, à ce qu'on m'écoute.

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Published by MWASINONTWA - dans - Textes
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