" I'm in a positive orgasmic mood, going right to the third floor cocktail, is it right, wrong, and down, the rules changed for a brasilian babe naked called Jake.
I'm in the place, make me embrace the world.
I'm in the place, let me embrace the world
I'm in a positive orgasmic mood, yeah yeah "
Coco Nam
Cela faisait longtemps que j'avais perdu ce réflexe.
C'était devenu une habitude logique pourtant, depuis mes 6 ans jusqu'à mes 15 ans.
Tendre la main, prendre le bouquin, s'asseoir, le lire.
Un livre.
Prendre le livre, le tourner, sentir ses pages, sa tourmente, son intention.
C'était ma seconde nature la lecture. Rien que le geste, le fait de le faire, j'avais acquis ce statut de lectrice professionnelle, d'une humaine qui mangeait les ouvrages.
On m'en a sûrement dégoûtée à ce moment-là, avec des profs qui ne connaissaient pas les classiques que j'applaudissais à deux mains, avec ces points médiocres que j'obtenais à mes
travaux d'écriture.
"T'es nulle. 12/20"
La moyenne toujours, avec un douze, on passe partout, on n'est pas génial, mais on a une base.
Ca rimait à rien.
J'étais liée à mes romans au quotidien, quand je lisais j'écrivais, quand je délaissais Kafka, j'apprenais la marche du rien. Une animosité rare alors, quand je griffonais des pages
entières sans rien tirer de ma tête. Il fallait que je boive ces auteurs pour donner de moi-même, il fallait que j'entende leurs mots raisonner mon ardeur.
Mes dieux, mes auteurs.
J'ai repris goût à ça aussi.